Glyphosate Facts

Transparency on safety aspects and use of glyphosate-containing herbicides in Europe

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L’émission Spécial Investigation divulgue des informations erronées sur le glyphosate

Lundi 1er septembre 2014, la chaîne française Canal+ a diffusé un reportage1 sur l’impact sanitaire des résidus de pesticides dans le soja transgénique, parmi lesquels le glyphosate serait à l’origine de certains troubles sanitaires chez l’homme et l’animal.
 
Constatant l’augmentation du taux de cancers et du nombre de personnes handicapées dans des villages argentins situés à proximité de champs de cultures transgéniques ou le glyphosate est appliqué, l’auteur établit une corrélation entre l’usage du glyphosate et le développement de cancers. Juxtaposant des images de champs et de personnes malades, il utilise le procédé bien connu de l’amalgame dont le seul but est de créer de l’anxiété. Mais il n’apporte aucun élément scientifique de cause à effet.
© iStockphoto.com / Aifos
Vu son utilisation mondiale à très grande échelle comme herbicide, le glyphosate est par conséquent une substance très étudiée par les organismes publics ou privés de par le monde. Or, l’ensemble des évaluations sanitaires réalisées par les autorités publiques au cours des 40 dernières années dans de nombreux pays ont conclu de façon constante que:
Le glyphosate n’a qu’une très faible toxicité aiguë;
Le glyphosate n’est pas cancérigène, n’a pas d’effets mutagènes et n’est pas préjudiciable à la reproduction des animaux testés;
Lorsqu’il est ingéré, le glyphosate n’est pas métabolisé mais rapidement éliminé par les voies naturelles. Il est peu absorbé par la peau et ne s’accumule pas dans les tissus animaux;
Le glyphosate n’interfère pas avec les systèmes endocriniens (hormonaux) dans une grande variété d’études sur animaux.   
 
Au niveau de l'Union Européenne, le glyphosate a été approuvé en 2002 et est actuellement en cours de réévaluation par l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), à partir des résultats de plus de 200 études toxicologiques. Le rapport de l’EFSA devrait être publié l’année prochaine. Toutes les substances actives utilisées dans les phytosanitaires sont soumises à cette procédure de réévaluation décennale.
 
En prenant l’exemple de la contamination de l’eau d’un puits par les polluants issus d’une culture avoisinante, l’auteur fait planer la menace d’une contamination généralisée des eaux par les pesticides. 
 
Le glyphosate et son principal produit de dégradation, l’AMPA2, se retrouvent seulement de façon occasionnelle dans les eaux souterraines, généralement dans des circonstances exceptionnelles si l’on prend l’exemple des données de surveillance actuelles dans les eaux souterraines3 recueillies dans 14 pays européens. L’analyse des cas de détection semble indiquer que la présence de glyphosate dans les eaux souterraines , est liée à des conditions particulières de vulnérabilité des sites de prélèvement (eaux en lien avec le réseau d’eau de surface, ou puits exposés à des incidents de contamination ponctuelle).
 
En ce qui concerne les eaux de surface,  la simple détection de produit phytosanitaire dans un échantillon ne signifie pas qu’il soit non conforme à la réglementation, et encore moins qu’il provoque un effet toxique. Il est en effet nécessaire de distinguer seuil de détection, norme réglementaire de potabilité et seuil de toxicité. Par exemple en France, si l’on compare le résultat de toutes ces données à la norme réglementaire définie pour la production d’eau potable, il apparaît qu’en moyenne seules 0,4 % des analyses dépassent ce seuil entre 2006 et 2010.4
 
Signalons enfin que, pour ce qui est de l’eau potable, le glyphosate et l’AMPA peuvent être facilement éliminés par des procédés actuels de traitement de potabilisation.
 
L’auteur soutient enfin que « le glyphosate ne tue plus les mauvaises herbes » et que « les prochaines graines seront conçues pour résister à des combinaisons encore plus toxiques ».
 
Le développement des résistances est un phénomène naturel qui a toujours existé, qui concerne tous les produits et pratiques. Il n’est pas spécifique au glyphosate.
 
En outre, la résistance de mauvaises herbes au glyphosate est un phénomène qui reste marginal en termes de surfaces concernées. En avril 2014, 28 espèces de mauvaises herbes résistantes au glyphosate avaient été identifiées dans le monde. En France, seules deux mauvaises herbes sont concernées dans certaines régions du vignoble.5 Des pratiques alternatives et des recommandations d’utilisation du glyphosate ont ainsi été développées, permettant de contrôler de manière satisfaisante l’herbe résistante et d’empêcher sa dissémination.
 
Le reportage n’apporte donc aucun élément de preuve permettant de remettre en cause la sécurité du glyphosate pour la santé humaine. On ne peut que regretter que l’objectif de communication auprès du grand public soit atteint par une multiplication des amalgames pour créer de l’anxiété et au détriment des vérités scientifiques établies par de nombreuses institutions reconnues.
 
 
[1] Spécial Investigation : Bientôt dans votre assiette "de gré ou de force"
[2] Principal produit de dégradation du glyphosate
[3] European Glyphosate Environmental Information Source, Monitoring results for surface water and groundwater
[4] Source : Base de données SOes/UIPP
[5] Voir notamment : Herbicide Resistance Action Committee Europe (www.ehrac.org/wb/) et International Survey of Herbicide Resistant Weeds (www.weedscience.com)

Last update: 13 October 2014