Glyphosate Facts

Transparency on safety aspects and use of glyphosate-containing herbicides in Europe

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L’Inra souligne les « impasses techniques » et les « freins majeurs » liés à une sortie du glyphosate

L’Institut national de la recherche agronomique (Inra) a remis aux ministres de la Transition écologique, de l'Agriculture, de la Santé et de la Recherche son rapport scientifique sur le glyphosate le 1er décembre, suite à une saisine du 2 novembre. Ce rapport, « vise à mettre l'expertise de l'Institut au service de l'élaboration d'un plan de sortie du glyphosate demandé par le Premier ministre ».

Aucune alternative satisfaisante identifiée

Analyse des potentialités de différentes méthodes pour maîtriser les plantes adventices et les couverts en grande culture D’après l’INRA, si le glyphosate était retiré, pour maintenir leur niveau de revenus et de rendement, les agriculteurs devraient utiliser d'autres outils, seuls ou combinés : désherbage mécanique et travail superficiel du sol, labour, agro-équipements permettant le hachage de la végétation (afin d’éviter le recours à une destruction chimique totale). L’Inra n’exclut pas l’usage d’autres pesticides, même ceux considérés comme moins favorable sur le plan de l’environnement ou de la santé : « l‘utilisation ciblée d’autres herbicides homologués mais qui peuvent avoir des profils tox/écotox plus défavorables que celui du glyphosate pourra être nécessaire pendant une période de transition pour traiter les adventices vivaces qui résisteraient aux options précédentes ».

Par ailleurs, le rapport souligne qu’il subsiste « des situations de difficulté et d’impasses au regard des leviers et connaissances disponibles à ce jour ». L’INRA identifie en particulier « des freins majeurs », sur « l’impact économique et le temps de travail, les évolutions du parc matériel, de la motorisation et des automatismes, les modalités d’installation des cultures pérennes ».  L’INRA attire l’attention sur des « impasses » pour lesquelles seule la destruction à la main peut répondre pour l’instant ! Comme l’agriculture de conservation, les cultures pour des marchés spécifiques avec de fortes contraintes techniques (par exemple les légumes de frais et de conserve cultivés en plein champ), ou encore des niches (par exemple le rouissage de la fibre de lin, une activité dans laquelle la France est leader mondial, mais aussi la récolte des fruits à coques).

Pas de calendrier de sortie recommandé

Si l’Inra insiste sur le fait que « l’adaptation à un arrêt du glyphosate passe par des changements profonds » dans les pratiques agricoles, elle n’indique pas le calendrier qui lui semblerait réaliste, estimant que « la sortie devra se faire sur une échelle de temps qui prend en compte la mise en œuvre des techniques alternatives ». Dans ces conditions, difficile de croire que 3 années suffiront à des trouver à des alternatives crédibles et satisfaisantes au glyphosate…

Comme en témoigne le tableau comparatif de l’Inra sur les alternatives au glyphosate joint à cet article, le désherbage mécanique, le labour et l’allongement des rotations culturales sont moins efficaces, plus chers et plus compliqués à mettre en œuvre. L’utilisation d’autres intrants n’apporterait en outre pas de bénéfices environnementaux, sanitaires, organisationnels ou économiques.

La Plateforme glyphosate France rappelle qu’un retrait de produits à base de glyphosate en France mettrait les agriculteurs français dans une situation de concurrence déloyale par rapport à leurs voisins européens. Elle considère par ailleurs comme irréaliste le calendrier fixé, 3 années ne suffisant évidemment pas pour chercher, homologuer et mettre sur le marché des solutions complémentaires ou alternatives. Au-delà de l’impact sur l’environnement (labours répétés, émissions de CO2…) le retrait du glyphosate aurait des conséquences économiques lourdes. L’impact économique d’une interdiction du glyphosate a été chiffré à 976 millions d’euros pour les seules activités agricoles par l’Institut Arvalis. De son côté, IPSOS table sur un recul des exportations à hauteur de près de 2 milliards d’euros pour les seules filières céréalières et viticoles. Les centaines d’études sanitaires réalisées par les autorités publiques indépendantes au cours des 40 dernières années ont conclu de façon constante que le glyphosate ne pose pas de risque pour la santé humaine, y compris l’ANSES en France.

INRA: Usages et alternatives au glyphosate dans l'agriculture française

Rapport Inra 88 pages (PDF, 6 MO)

Last update: 18 December 2017